ANDRE EUGENE ILBOUDO: Une vie consacrée à l’enseignement

La passion, le dynamisme et la combat

Enseignant de profession, André Eugène ILBOUDO est aujourd’hui le directeur du Groupe scolaire l’Académie de Ouagadougou et de la radio des écoles. Passionné de l’éducation depuis le bas âge, il a pu réaliser ses rêves ; celui d’être enseignant et a aujourd’hui trois écoles à son actif  et quelques radios. Quel a été son parcours jusque-là et quelles sont les difficultés qu’il a rencontrées ? Il en parle dans cette interview que nous vous proposons.

 Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis André Eugène ILBOUDO, je suis le directeur du Groupe scolaire l’Académie de Ouagadougou, je suis aussi le directeur de la radio des Écoles. Je suis un enseignant de formation.

Quel a été votre parcours scolaire, universitaire et professionnel ?

Je suis allé à l’école en 1962 et en 1969 j’ai obtenu mon certificat. De 1969 à 1979 je suis resté au village avec mes parents ensuite j’ai émigré en Côte d’Ivoire où j’ai travaillé pendant trois ans. Je suis revenu  reprendre mes études et j’ai passé mon BEPC en 1982 en même temps que je préparais l’entrée spéciale à l’université que j’ai réussie. À l’université j’ai fait une maitrise en lettre moderne en 1984 et depuis lors j’enseigne.

D’où vous est venue cette passion pour l’éducation ?

Quand j’étais petit il y avait trois métiers que je voulais faire, à savoir soit être prêtre, enseignant ou agriculteur. Finalement je suis tombé dans un des métiers que j’aime, celui de l’enseignement.

Avez fondé des écoles et des radios.  Parlez-nous-en

J’ai fondé « le groupe scolaire l’académie » de Ouagadougou. Mais avant j’ai fondé respectivement le « lycée privé vive le paysan » à Saponé, le « lycée privé Marie Véronique » et le « Béthel académie » à Ouagadougou. J’ai aussi réalisé la « Radio vive le paysan » à Saponé avec d’autres collègues, puis j’ai fondé la « Radio des écoles » au sein du groupe scolaire l’académie.

J’ai un violon d’Ingres (Ndlr : activité passionnée en dehors de sa profession) comme on le dit, c’est la radio. Je suis un passionné de radio et je peux l’écouter même en travaillant. Chacun partage les passions qu’il aime avec les autres, c’est pourquoi j’ai créé la radio.

Pour arriver à ce niveau, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées et comment les avez-vous surmontées ?

Les difficultés que l’on a rencontrées c’étaient des difficultés administratives mais ça, c’est lié à la nature des noirs, la nature des burkinabè qui sont médiocres et qui pensent que mieux ils embêtent quelqu’un dans la création de quelque chose mieux ça vaut pour eux.  Ils n’ont pas un esprit de service pour accompagner les gens qui veulent créer. Ils ont un esprit de blocage. C’est le commun de toute l’administration burkinabè. Vous partez dans une administration, les gens ne sont pas heureux de vous aider à résoudre un problème. Ils sont plutôt heureux quand ils vous créent des problèmes.

Quand vous voyez des parents qui ne s’occupent pas de leurs enfants, à la limite qui ne s’occupent pas de leur éducation, ça me fait un petit peu mal au cœur. Si vous voulez donner une bonne éducation aux enfants et que malheureusement y a des parents qui ne font pas grand-chose, on est un petit peu désolé. Les difficultés sont essentiellement d’ordre financier. On aurait eu plus d’argent qu’on aurait fait plus d’écoles, des écoles de qualités, des écoles de leader, etc. Mais bon, on fait ce qu’on peut.

Avez-vous bénéficié du soutien de l’Etat burkinabè ?

Non. Mes écoles sont conventionnées mais je peux faire une année entière et même plus sans que l’Etat ne me paye la scolarité.  L’Etat ne m’aide pas et  me crée même plus de problème en envoyant les enfants (boursiers) chez moi.

Si vous avez un conseil à la jeune génération, ce serait lequel ?

Je dirai aux jeunes que ce qu’il y a de bien dans ce monde c’est qu’il y a de l’abondance pour tout le monde. Celui qui veut réussir sa vie peut la réussir. Il faut seulement prendre les moyens. Nul n’est condamné à ne pas réussir sa vie. Je peux dire avec toute la modestie qui convient que j’en suis un exemple car j’ai arrêté l’école pendant dix ans et j’ai repris. Voilà aujourd’hui je m’en sors. Personne n’est condamnée à être médiocre dans la vie. Si vous voulez réussir, vous le pouvez. Je dois dire aux jeunes aussi qu’ils ne peuvent pas s’asseoir et attendre qu’on les nourrisse. Il faut que chacun se mette au soleil, qu’il travaille et qu’il sut pour avoir le succès. Malheureusement nous sommes dans un monde où les jeunes pensent que le succès vient par hasard et qu’il faut s’asseoir l’attendre ; ce n’est pas vrai.

Votre mot de fin.

Bonne chance à votre magazine et bonne chance à vos lecteurs.

Eliette ZOUNGRANA

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